Vendredi 17 février 2012 5 17 /02 /Fév /2012 18:45

Deux jours plus tard. En réunion, le portable de Madame vibre... numéro inconnu. Madame s'excuse, une urgence gaz ça ne se néglige pas. Tout le monde est fort compréhensif sur le sujet.

- Bonjour Madame, j'ai reçu un message comme quoi vous aviez un problème de gaz ?

- Euh, non pas exactement...

 Je vous passe là le récit complet de l'histoire que vous connaissez déjà.

- Ah, c'est embêtant. Je vais voir ce que je peux faire, on vous rappelle.

  

Aujourd'hui, Madame s'accorde un retour anticipé, la maison a grand besoin de quelques attentions. Certaine d'être tranquille, elle se met donc en tenue de ménage et attaque avec ardeur. C'est fou ce que certaines activités ménagères peuvent avoir un côté défouloir.

On sonne... Bien décidée à ne pas se laisser ennuyer, Madame passe un oeil derrière le rideau et reconnaît la voiture d'un service dont elle était sans nouvelles depuis quelques jours. Elle descend.

  

- Bonjour Madame, je viens pour le gaz. Vous voulez le faire couper ?

 

Stupéfaction ! Rendre Madame muette n'est pas donné à tout le monde... 

 

- Couper quoi puisque nous n'avons pas de gaz ?

- Ah bon, vous êtes sûre ?

- Cela fait environ 20 ans que je le constate tous les jours...

- Mais vous avez bien une arrivée, donc si vous voulez qu'on répare votre mur, il faut faire une demande de rupture de contrat, nous vous ferons un devis pour les travaux -qui seront à vos frais- et ça ira très vite.

 

Madame respire un grand coup, ce jeune homme est non seulement charmant mais en plus très aimable.

 

- Et quel contrat devrais-je rompre puisque je n'en ai pas ?

- Vous n'avez pas de contrat ?

- Non Monsieur. Pas de gaz, donc pas de contrat gaz.

- C'est embêtant...

- A qui le dites-vous ?!!!

- Mais vous êtes certaine que nous n'avez pas de gaz ? Dans la cave, il n'y a pas un compteur ?

- Suivez-moi.

  

Dans la cave :

- Ah oui, les arrivées ont été coupées.

- Il n'y a qu'une vingtaine d'années, je vous l'accorde...

- Bon, je vais faire remonter le dossier. Mais de toute façon, il faut couper le gaz...

- Merci Monsieur de vous être déplacé. Vous me tenez informée ?

 

Le lendemain matin, le portable de Madame sonne. Numéro inconnu.

 

- Bonjour Madame, vous avez un problème de gaz et souhaitez faire couper le branchement.

- Non Monsieur, pas exactement...

Vous connaissez l'histoire.

- Ah bon, les sagouins, ils ont fait un trou et ils ne l'ont pas rebouché. C'était quand ?

- 20 novembre

 - Et nous ne sommes le 20 février. Je vais leur demander de passer vous boucher ça ma Ptite dame, ne vous en faites pas.

- C'est très aimable à vous Monsieur mais le tuyau qui dépasse emmailloté dans un vieux chiffon, vous en faites quoi ?

- Quel tuyau ? Il n'a pas été coupé ? Je croyais que vous n'aviez pas de gaz ?

- Nous n'avons pas de gaz, effectivement. Mais nous avons bien un tuyau qui était encastré dans le mur et c'est pour cela qu'ils ont cassé le mur.

- ... Ah...

 

- Monsieur, vous ne croyez pas que ce serait plus simple de remettre le gaz ?

 

 

 *********************

Toute ressemblance avec des faits existants ou ayant existé n'est absolument pas fortuite. Exagérée, bien sûre, mais si peu...

Nous n'avons toujours pas de gaz, et pas de projet d'en avoir mais toujours un tuyau et un trou dans le mur...

Je remercie mes nombreux interlocuteurs pour leur gentillesse, et je leur présente mes plus sincères excuses pour mon agacement s'il leur est arrivé de le sentir. Vous savez déjà que la patience n'est pas ma principale qualité...

  

 

 

 

 

Par Parisianne - Publié dans : Madame est servie...
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Vendredi 17 février 2012 5 17 /02 /Fév /2012 12:12

Un mois plus tard. Et toujours un mur à trou.


Madame est rentrée plus tôt et a donc pu téléphoner aux services concernés pour demander des informations sur le délai pour boucher le trou.

- Ah ? Un trou ? De gaz ? Sans gaz ? Euh, je vais me renseigner, on vous recontacte sous 8 jours...

  

10 jours plus tard.

Madame est rentrée vite pour pouvoir passer un nouveau coup de téléphone avant qu'il ne soit trop tard.

- Ah oui, c'est moi que vous avez eue il y a peu. J'ai fait suivre le dossier, je suis surprise qu'on ne vous ai pas encore recontactée. Donnez-moi votre numéro de téléphone, je vous rappelle.

 

Prudente, Madame donne son portable, au moins dans 10 jours elle pourra être n'importe où si on la rappelle.

 

Et bien Madame a eu mauvais esprit. Elle remercie chaleureusement la charmante personne qui vient de la rappeler même si elle ne peut malheureusement rien faire, son service n'étant pas concerné par le problème. Elle donne à Madame un numéro qui devrait lui permettre d'avoir des renseignements.

 

 Il est bien entendu trop tard pour appeler.

 

Le lendemain matin, entre deux rendez-vous, Madame cherche à joindre le numéro... occupé... Quelques minutes plus tard... sonnerie dans le vide.

Au retour du déjeuner... occupé et enfin, alors qu'elle n'y croyait plus, une jeune personne d'un calme olympien, écoute son récit et lui répond :

- Vous n'êtes pas au bon service, je ne peux rien faire pour vous. Merci de votre appel...

- Mais vous pourriez peut-être me dire qui appeler et me donner un numéro.

- Non, je ne sais pas pour ce genre de cas, c'est spécial.

- C'est certain mais vous avez bien un numéro à me communiquer ? ça me rendrait bien service, demanda très gentiment Madame malgré légère une pointe d'agacement.

Et la personne très aimablement lui communiqua le numéro du service de dépannage que Madame s'empressa d'appeler avant la fermeture.

Vous me croirez si vous voulez, ils ont répondu très aimablement qu'ils n'étaient pas concernés puisqu'il n'y avait pas de panne. Logique ! En plus une panne de gaz sur un réseau sans gaz franchement ce n'est pas facile à détecter...

Devant la tension croissante de Madame, la très aimable personne prit son numéro et lui promit de faire le nécessaire.

Numéro de portable, cela permettra d'être certaine d'être joignable...

 

Monsieur bien entendu chaque soir pose la question rituelle.

- Et le trou dans le mur, tu as des nouvelles ?

- Oui, oui, ça avance...

- Pas vite dis-moi

- ...

 

*******************

 

 

Par Parisianne - Publié dans : Madame est servie...
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Vendredi 17 février 2012 5 17 /02 /Fév /2012 06:34

Madame vient de rentrer. Il est 18h30, pas de trajet pour jeune sportif en perspective donc pas de précipitation, tout sera prêt pour le 1er service à 20 h et bien cuit (qui a dit trop cuit ?)  pour le 2e service, celui de Monsieur à 21 h.

Madame ôte avec délectation ses petites bottines, très élégantes certes, mais tellement moins confortables que ses pantoufles, elle monte enfiler son vieux jean défraîchi et informe, se glisser dans un vieux col roulé de son mari et défaire ce chignon strict qui lui tire les tempes. Elle n'accepterait jamais être vue dans cette tenue par un étranger !  Enfin libérée de son carcan de femme d'affaire, elle s'invite dans la chambre de son ado qui, pour une fois, n'a pas mis le panneau "Ne pas déranger" et entame un monologue avec le dos tant aimé. Elle tend l'oreille pour capter les réponses grommelées entre deux coups sur le clavier -les notes du jour ne doivent pas être excellentes- lorsqu'un bruit sourd la fait sursauter. Elle écoute... un bruit de marteau-piqueur envahit la maison. Paniquée, Madame, oubliant sa tenue négligée, sort précipitamment pour voir ce qui se passe.

 

- Bonsoir ma ptite dame, n'ayez pas peur, on vous coupe simplement le gaz, notre camion renifleur a décelé une fuite.

 

- Ah bon ? Une fuite ? Ici ?

 

- Oui ma ptite dame, un peu plus on envoyait tout le monde sur orbite, hein, hahahaha...

 

- Il n'a pas le nez pris votre camion renifleur ?

 

- Ah la ma ptite dame, on ne rigole pas avec ces choses là.

 

- C'est certain mais il faudrait m'expliquer comment il peut y avoir une fuite puisque nous n'avons pas de gaz

 

- ... Euh... Vous êtes sûre Madame ?

 

Madame ayant pris du galon, se redresse de toute sa hauteur malgré ses pantoufles très plates.

 

- Oui Monsieur, pas de gaz dans cette maison, il a été coupé il y a environ... 20 ans...

 

- Comment vous pouvez savoir ça, d'abord ? Moi j'vous dis que le nez a dit qu'il y avait une fuite, et ça là, c'est quoi ?

 

En montrant agacé un trou béant dans la façade et au milieu, une arrivée de ce qui doit certainement être du gaz...

 

- Je le sais parce que c'est moi qui ai fait couper le gaz pour mon grand-père qui demeurait cette maison à l'époque. Maintenant, que ce tuyau soit encore là... c'est vous qui avez coupé pas moi. Mais bon, puisque vous me dites qu'il y a une fuite de gaz et que c'est très sérieux, faites le nécessaire, je vous en prie. Et ensuite pour le trou dans le mur, il se passe quoi ?

 

- On reviendra boucher.

 

- C'est parfait. Je vous remercie Monsieur. Bonne soirée.

 

 

Madame déconcertée par cette annonce d'autant plus perturbante qu'au dernier 14 juillet de petits plaisantins s'étaient amusés à mettre une série de pétards dans le boitier de gaz qu'elle pensait non alimenté, rejoint sa cuisine en marmonant. Si Monsieur voit un trou dans son mur il va nous en faire une maladie. Il va encore falloir expliquer en long en large mais surtout pas de travers que ce n'est qu'une question de jours, le mur sera réparé aussi vite qu'il a été cassé.

 

*************

 

Par Parisianne - Publié dans : Madame est servie...
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Jeudi 16 février 2012 4 16 /02 /Fév /2012 12:10

Il n'est plus utile de le présenter, vous le connaissez déjà parce qu'Alain Emery me fait régulièrement le plaisir de s'inviter ici. Il sait que la porte est toujours ouverte pour les amis. Vous l'aviez lu lors d'Un cadeau de Noël puis plus tard C'est la rentrée... .

 

Je vous ai également parlé de ses bouquins, des polars dont l'intrigue se déroule en Bretagne, de ses nouvelles aussi ainsi que d'un recueil à trois mains. Vous trouverez toutes les renseignements dans la rubrique Lectures.

Il y a d'autres recueils dont il faudrait que je vous parle, mais vous le savez déjà, j'ai toujours beaucoup de mal à m'exprimer sur les livres que j'aime. C'est tellement intime les goûts de lecture. Je tenterai d'y remédier.

 Mais en attendant, je vous invite à lire le texte ci-dessous qu'Alain m'a envoyé pour vous.

Et puis, si vous êtes parisiens, ne manquez pas le Salon du livre du 16 au 19 mars. Alain Emery y sera aux éditions Astoure le samedi 17 après-midi, et moi je ne serai certainement pas très loin.

 

 

 

Les cercles

Elles ne sont pas venues par la route. À ce qu'on raconte dans les cercles, elles ont pris tout le monde de court en sortant des bois pour traverser les champs couverts de neige. Elles ont glissé sous les arbres. Monsieur M. ne les aurait aperçues qu'au tout dernier moment, alors qu'elles atteignaient la grille de la villa. On sait cet homme très occupé. Sans doute était-il attelé à un de ces éditoriaux qui l'ont rendu célèbre. Peut-être même y était-il question de charité. C'est – ne l’oublions pas – son sujet de prédilection.

Ces trois inconnues arrivaient d’un campement de fortune, au cœur de la forêt. Des planches, des tôles, quelques bâches contre le vent. Elles y vivaient avec d’autres depuis qu'on les avait tous chassés du centre de la ville et n'avaient pas grand-chose sur le dos. Des pèlerines pour les deux fillettes et pour la mère un affreux paletot.

Ce n'est faire outrage à personne que de supposer qu'il a fallu un peu de temps avant de trouver une solution. Peut-être Monsieur M. s'est-il imaginé qu'en mettant la main à la poche, l'affaire s'arrangerait d'elle-même ? Leur a-t-il fait porter de la menue monnaie ? Une boisson chaude ? A-t-il au contraire donné l'ordre de les disperser ? De source sûre, on sait qu'il n'est pas allé à leur rencontre. Les gens de maison s'en sont chargés. Les gouvernantes ne manquent d’ailleurs jamais une occasion de rappeler leur dévouement.

Combien de fois Monsieur M. s'est-il présenté à la fenêtre? Il devait se tenir bien droit mais je ne crois pas qu'elles aient pu voir, d'où elles étaient, son œil éteint. En revanche, elles ont eu tout loisir de détailler la barbe sauvage sur laquelle sa tête pâle semble s'appuyer.

La nuit a décidé de tout. Avec elle, la neige et le vent ont redoublé. Il régnait sur ces hauteurs un froid terrible. Peut-on laisser mourir devant sa porte trois inconnues? Si les cercles sont à ce sujet très partagés, tout le monde admet que Monsieur M. a œuvré du mieux possible en ne consentant à leur ouvrir qu'en toute dernière extrémité. Sans rien laisser paraître, selon les domestiques.

C'est encore très confidentiel mais une fois dans la place, elles auraient refusé d'en sortir. Tout se serait déroulé dans le calme. C'est néanmoins une affaire. Chacun compte sur un redoux rapide et espère qu'il n'y aura d'ici là pas d'autre tentatives de ce genre. Que se passerait-il si la nouvelle venait à s'ébruiter, s'il en venait d'autres aux portes des grandes demeures ? Ainsi qu'il est murmuré dans les cercles, ce serait la fin de tout.

Alain EMERY

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Merci Alain pour ce chemin de mots que tu traces depuis maintenant plusieurs années, il est parsemé de si belles rencontres.

  

Par Parisianne - Publié dans : Invités - Communauté : CROQUEURS DE MOTS
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Jeudi 16 février 2012 4 16 /02 /Fév /2012 08:33

Lenaïg invite les oiseaux pour le jeudi en poésie des Croqueurs alors je ne résiste pas à cet envol en musique. Je sais, je triche, la chanson c'est pour la semaine prochaine... 

 

2011-08-04-Touquet--8-.jpg

 

 

Par Parisianne - Publié dans : Jeudi en poésie des Croqueurs de Mots - Communauté : CROQUEURS DE MOTS
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