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Parisianne
Pour les Maux d'auteurs, jeu d'écriture. La contrainte était de commencer par la phrase de Zola "Un matin, un lion et une hyène du Jardin des Plantes réussirent à ouvrir la porte de leur cage, fermée avec négligence." Je vous invite d'ailleurs à lire ce texte Une cage de bêtes féroces (page 274).
La loi de la jungle
Un matin, un lion et une hyène du Jardin des Plantes réussirent à ouvrir la porte de leur cage, fermée avec négligence. Surpris par cette occasion inattendue, ils restèrent un moment indécis. Ce fut la hyène, sourire aux lèvres, qui franchit la première la porte de la liberté, suivie de peu par le lion. Ce dernier, serait bien resté faire la sieste, mais conscient de ses devoirs, il s’empressa de devancer sa commère et affirmer ainsi sa domination.
Il avançait, tête noble, regard perçant, crinière au vent, de cette démarche aussi nonchalante que menaçante qui faisait sa royale renommée. Malgré ses doutes, il voulait afficher une certaine assurance et ouvrir la route. Il sentait, dans son dos, sa compagne nerveuse . Il devinait ses crocs posés sur un rictus mauvais, sa démarche sans élégance, son allure de chien battu causée par un arrière-train traînant. Il l’imaginait cherchant de tous côtés le regard des autres enfermés dans leurs cages, et se réjouissait qu’elle ne laisse pas éclater son insupportable rire de gorge qui donnait la chair de poule aux plus courageux. Sans la voir, il savait que dans son sillage l’orgueilleuse redressait fièrement la tête et tendait son museau pointu en secouant sa crête ridicule pour se donner une importance qu’elle finirait par obtenir à force de persévérance et de mauvais coups.
Il savait aussi qu’il n’avait pas droit au moindre faux pas. Elle guetterait sans relâche l’occasion de lui planter ses griffes dans les chairs pour s’approprier la proie qu’il aurait lui-même vaincue. Il fallait qu’il soit constamment sur ses gardes. Il avait beau être le roi, il pouvait être déchu à tout moment, sa noblesse ne lui serait d’aucun secours.
La jeune hyène était avide de prendre le pas sur son majestueux concurrent. Elle n’avait de cesse de se faire remarquer de leurs congénères et quand elle marchait dans ses pas c’était uniquement pour le laisser prendre les risques en premier.
Un ricanement cynique fit sursauter Léo. Epuisé par les luttes incessantes pour gagner de nouveaux marchés et se maintenir à sa place de leader, il s’accordait une pause et était plongé dans des rêves insensés lorsqu’un papier rose avait été glissé sur son bureau.
L’œil méchant, les canines dehors, une robe fauve dessinant sa silhouette féline, la jeune femme qu’il avait formée aux rouages du métier se tenait devant lui l’air triomphant.
Elle avait parfaitement retenu ses leçons et venait, promotion en main, prendre sa place.
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